Le destin...
Stéphane d'ARC (1966)

Le destin, c'est la névrose. Sa manifestation la plus évidente est la contrainte, ou l'empêchement. La répétition de la contrainte en système constitue la névrose.

Comprend-on que ce qui insiste malgré soi définit pour tout sujet un destin illusoire dès lors que cette répétition est le symptôme d'une maladie ? Le plus étonnant est que les hommes considèrent la maladie qui les habite comme ce qui les caractérise et les spécifie en tant qu'individu singulier, alors que l'éternel retour de ce qui fait blocage est précisément ce qui les aliène.

Si l'on parvient à débarrasser la névrose de tout phénomène morbide et pathologique, il n'y a pas plus de destin, c'est-à-dire plus de chemin écrit à l'avance, mais une plus grande liberté, car ce qui se répétait s'est transformé en quelque chose de vivant et non plus de mortifère.

Pourtant, le noyau de la névrose qui demeure, et qui ne peut être effacé, car il s'agit alors de ce qui a institué un sujet dans son rapport au monde, ce sont ses relations au manque, donc au temps, car le désir, par essence insatisfait, porte toujours sur l'avenir. Et c'est cela et uniquement cela qui devrait écrire un libre destin.

Réflexions - 2021. © CLE