La Sérénade
Sophie d'ARBOUVILLE (1810-1850)

Mère, quel doux chant me réveille ? 
Minuit ! c'est l'heure où l'on sommeille. 
Qui peut, pour moi, venir si tard 
Veiller et chanter à l'écart ?

Dors, mon enfant, dors ! c'est un rêve. 
En silence la nuit s'achève, 
Mon front repose auprès du tien, 
Je l'embrasse et je n'entends rien. 
Nul ne donne de sérénade 
À toi, ma pauvre enfant malade !

Ô mère ! ils descendent des cieux, 
Ces sons, ces chants harmonieux ; 
Nulle voix d'homme n'est si belle, 
Et c'est un ange qui m'appelle ! 
Le soleil brille, il m'éblouit... 
Adieu, ma mère, bonne nuit !

Le lendemain, quand vint l'aurore, 
La blanche enfant dormait encore ; 
Sa mère l'appelle en pleurant, 
Nul baiser n'éveille l'enfant... 
Son âme s'était envolée 
Quand les chants l'avaient appelée.



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