O vraie amour, dont je suis prise
Pernette du GUILLET (1518-1545)

 

Ô vraie amour, dont je suis prise,
Comment m'as-tu si bien apprise,
Que de mon jour tant me contente,
Que je n'en espère autre attente,
Que celle de ce doux amer, 
Pour me guérir du mal d'aimer ?
Du bien j'ai eu la jouissance,
Dont il m'a donné connaissance 
Pour m'assurer de l'amitié, 
De laquelle il tient la moitié : 
Doncques est-il plus doux qu'amer, 
Pour me guérir du mal d'aimer.
Hélas, ami, en ton absence 
Je ne puis avoir assurance 
Que celle dont - pour son plaisir -
Amour caut me vient dessaisir 
Pour me surprendre, et désarmer : 
Guéris-moi donc du mal d'aimer !

 



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