La haine amoureuse
Léon DEUBEL (1879-1913)

D’autres ont pu vous voir, vous aimer et sentir 
Vos regards enchâsser en eux leurs diamants, 
Puis, la fleur du blasphème à la lèvre, mourir 
Loin de leur ciel et de leurs dieux, en vous nommant. 

O source de blancheur que nul ne peut tarir. 
D’autres ont habité leur rêve décevant 
Et vous ont asservie à leur vaste désir 
Comme un aigle asservit sa proie, en l’enlevant. 

Moi, libre de vos liens déjà plus qu’à moitié, 
Sans implorer de vous le pain de la pitié 
Que l’on jette à celui dont lame vit sur terre,
 
Soucieux seulement de ne vous point chérir, 
Je rentre dans ma haine ainsi qu’en un repaire 
Pour y cuver le vin de votre souvenir. 



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